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Saint-Augustin ce méditerranéen des temps modernes

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Publié le 29/04/2012


La conférence donnée par Patrick Voisin à la Maison de la culture Ibn Khaldoun sur Saint-Augustin a été fort appréciée aussi bien par la richesse et la profondeur de son analyse que par la façon ingénieuse dont elle a ouvert la réflexion sur l’actualité. C’est pourquoi les présents ont tenu à remercier l’Association pour la Culture et les Arts Méditerranéens (ACAM) et particulièrement son Institut Thétis de la Méditerranéité (IThéMed) pour leur initiative heureuse à l’ouverture des activités 2012 de l’Institut.

Quant à la conférence, voici une tentative d’en présenter les idées maîtresses qui gagneraient à être développées davantage :

Passeur entre l’Antiquité et notre monde moderne, Augustin ne nous a pas affranchis de l’Antiquité ; passeur entre la rive sud et la rive nord, Augustin n’est pas un homme occidental, comme on peut le lire et l’entendre dans les discours de la rive nord sur les humanités. Il est Augustin de Thagaste, vivant au bord de la Méditerranée plurielle. Tel est le véritable intérêt des Confessions.

En effet, c’est dans une réflexion à partir du livre X des Confessions que Patrick Voisin (auteur notamment de « Il faut reconstruire Carthage » nous invite d’abord à ré-encoder Augustin dans son temps et dans ses lieux, en le considérant autrement que comme un chrétien, pour y saisir la logique d’altérité, de temporalité et de remémoration, en vue de considérer ce que celles-ci peuvent apporter aujourd’hui aux Méditerranéens des deux rives soucieux de mieux se connaître et de repousser le choc des religions, des langues et des cultures.

Augustin, avant d’être un Père de l’Eglise chrétienne, fut un philosophe interface entre antiquité et modernité, un Africain et un intellectuel

Pour lui, la conquête de l’identité peut passer par l’inscription du moi dans le dialogue interculturel, à travers l’apprentissage de langages, de cultures et de l’histoire. C’est donc pour comprendre le présent et anticiper l’avenir qu’il faut entretenir la tradition interculturelle de la Méditerranée ; et cela implique de considérer notre passé comme une altérité qui peut nous enrichir. Dans la méthode d’Augustin, la Méditerranée antique est un palimpseste qui permet la procession d’une langue vers une autre, le passage sur la rive d’une autre langue, dans la langue de l’Autre. D’où la richesse de la traduction qui est dans la démarche interculturelle : en traduisant on accède tout d’abord à la connaissance d’autrui puis à la connaissance de soi par réflexivité.

 

 

MM
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