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Tunisie - Propriété intellectuelle : Notre Culture est en danger

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Publié le 07/09/2012







Vous avez surement remarqué les affiches : « Attention à la contrefaçon. Vivons, sans contrefaçon » placardées dans les plus grandes rues de Tunis.

Une campagne orchestrée pour une lutte contre les produits contrefaits, de mauvaise qualité et souvent dangereux pour la santé. Pénaliser la contrefaçon, en l’inscrivant dans la constitution, est l’objectif de cette campagne. Quoi de plus noble comme cause ?

Mais la campagne « Attention à la contrefaçon » cache bien son jeu. Financée en  grande partie par le MEPI, un organisme américain, la formulation de cette loi dans notre constitution, consisterait à définir, entre autre, l’idée comme étant une propriété, à l’instar d’un appartement, d’une voiture, ou d’un terrain.

La campagne compte protéger les citoyens du vol de leurs idées. Mais peut on réellement voler une idée ?

Quand on me vole ma voiture, on le fait de force et malgré moi, je me retrouve après coup, sans voiture. Pour l’idée, c’est une autre paire de manche : On n’extirpe jamais une idée de force, on la dévoile au grand jour et de bon gré. De plus, si une tierce personne emprunte l’idée, le détenteur de l’idée ne va pas se retrouver dépouillé de sa propre idée. Einstein, l’homme aux grandes idées, n’a-t-il pas dit que le secret de la créativité, était de savoir cacher ses sources ?

Et c’est là que se cache le revers de la médaille : Traiter l’idée comme une propriété risque de causer du tort à des milliers de familles tunisiennes mais aussi à la culture, déjà très fébrile, des Tunisiens :


- Traiter l’idée comme une propriété reviendrait à s’assurer que les livres, les films et les photos ne contiennent que des idées exclusives, n’ayant jamais été formulées dans une quelconque œuvre précédente. Sinon, on risque une lourde amende, voire même la prison, pour contrefaçon.

- Les vendeurs de DVD, de Dreambox et les « débloqueurs » de téléphones seront dans l’obligation de mettre la clé sous la porte. 60000 vendeurs de DVD sur tout le territoire tunisien se retrouveront au chômage. C’est leurs familles qui en pâtiront. 

- Les jeunes tunisiens seront privés d’accès à la musique, au cinéma et à toutes les autres formes de culture, à cause de leur prix devenu trop exorbitant et à leur téléchargement devenu interdit par loi. Il ne faut pas oublier non plus, que nos réalisateurs nationaux s’inspirent aussi en regardant des films à 1dt. 

- Les fruits de cette campagne reviendront principalement aux lobbys américains et à leurs sociétés de production qui financent en partie cette campagne anti-contrefaçon.


Certaines associations et des jeunes de la société se sont engagés pour bloquer le passage de cette loi dans notre constitution. Plus de détails sont à venir.

 

 

Heni Hnana
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